Manger est hautement psychologique !

Nous sommes à l’ère où nous apprenons que le ventre serait un deuxième cerveau. En effet, les scientifiques ont découvert depuis quelques années que des millions de neurones sont positionnés dans notre ventre !

Une métaphore intéressante

Découvrir des neurones dans le ventre me semble être comme une métaphore de l’importance psychologique vitale de la nourriture. On ne mange jamais sans pensée, sans lien à l’autre, conscient ou inconscient. L’exemple pris par Proust de sa madeleine l’illustre.

Manger est depuis longtemps associé à des humeurs qu’on en soit conscient ou pas. On ne mange pas pareil en fonction de ce que l’on ressent. Ne sommes-nous pas nombreux à nous précipiter sur les sucreries dès qu’on a le moral en berne ? Ou même quand nous sommes en colère ? Dépression et colère sont d’ailleurs connus comme étant les deux faces d’un même état. Et les psychologues cliniciens ont identifié depuis longtemps ce qu’il appelle « l’oralité » qui active la zone orale et répond toujours à un sentiment de vie psychique profonde.

Parce que manger est bien lié à la vie, au-delà même de l’acte. Le nourrisson appelle un contact à la bouche pour rester en vie, pour répondre à l’appel du ventre. La bouche amène au ventre qui lui-même renvoie au cerveau. Mais la bouche amène aussi à l’autre, à celui qui donne son amour et son attention en même temps qu’il donne à manger. C’est tout cela qui revient à nous quand on se précipite vers les sucreries : un appel inconscient à retrouver le soin et l’amour de l’autre

Manger serait un lien vers notre corps ?

On n’y fait pas forcément attention mais manger nous renvoie à notre corps. On se sent exister corporellement quand on mange. C’est un acte sexuel finalement. Plus personnel. On ne se mélange pas à un autre mais on entre en contact avec notre corps et notamment avec son intérieur. Ce corps qui nous échappe tellement et qui pourtant est si proche de nous. Manger est un lien entre le corps et l’esprit. L’esprit choisit, le corps accepte, traite ou refuse. C’est un échange entre le cerveau et le corps finalement, mais aussi une pénétration du corps par de l’extérieur : on laisse entrer en nous une part extérieure qui nous transforme et qui, en tous cas, nous fait plaisir.

Notamment le chocolat d’ailleurs !

Les dérives de l’oralité pointent-elles un mal être ?

C’est ce qu’il paraît évident à penser. En matière de bien-être psychologique, les cognitivistes vous parleront de d’équilibre physiologique « as-tu ta dose équilibrée de neurotransmetteurs pour aller bien ? ». En effet, dans la dépression, il y a un manque de dopamine et de sérotonine et les antidépresseurs tentent d’y remédier. Mais un bonheur dans la vie suffit à en régler le problème immédiatement ! Cela signifie, pour moi,  qu’il y a un choix à faire entre être un objet que l’on répare ou être un être vivant qui se réalise avec ses désirs.

Malheureusement, notre société nous oriente de plus en plus vers un vécu d’objet. On en oublie nos compétences naturelles à nous rendre heureux nous-mêmes en nous écoutant plutôt qu’en tentant d’être ce que la société nous impose : beauté, intelligence et argent. Ils seraient le seul espoir de bonheur ? Quel leurre. Depuis qu’on nous envahit de documentaires de plus en plus nombreux et creux sur les riches, beaux et célèbres, on constate assez rapidement que le bonheur n’est pas là. Le narcissisme oui.

Ecouter ce que l’on désire et oser faire ce qu’il faut pour avancer vers ses désirs devraient être les seuls buts de notre vie. Car si on résiste à nos désirs profonds pour se coller aux modèles de nos sociétés, on est presque certains d’aller vraiment mal et ma foi, de se mettre à manger beaucoup trop. N’est-ce pas exactement ce qui est à l’oeuvre avec cette « épidémie » d’obésité ?

Publié dans Conseils et psychologie : manger mieux simplement
14 commentaires sur “Manger est hautement psychologique !
  1. tania dit :

    Merci pour cet article extremenet interressant, cela m’as fait prendre conscience qu’effectivement quand je n’ai pas le moral ou très stressée j’ai tendance à manger plus, inconsciemment! Je suis tout à fait d’accord pour dire qu’il est vrai que ne ne savons plus savourez les moments simples de sérenitude on est en mode toujours plus haut, plus fort, plus vite que l’on n’écoute notre « nous intèrieur »!

  2. Julia dit :

    Le ventre et le cerveau sont intimement liés! Il suffit de voir comment certains développent des ulcères ou des maux gastriques à la moindre contrariété. De plus, manger est un plaisir qui, comme tu le dis avec l’exemple du chocolat, nous met de bonne humeur.

  3. richard dit :

    Comme tu le dis « Manger est un lien entre le corps et l’esprit »
    Bouddha ne mange plus, Bouddha ne se pose plus toutes ses questions.
    La société nous suggère des modèles, des comportements… peut-être pour mieux nous asservir dans nos désirs.
    richard

    • Olavia dit :

      Je me demande si le mot suggérer n’est pas un peu faible. J’ai plutôt l’impression qu’on nous impose les choses

      • richard dit :

        C’est un vaste sujet et mon premier souci est de ne vouloir blesser personne ici.
        On oblige personne à devenir riche et beau… La loi française ne nous condamnera pas pour ce : Défaut… bien au contraire.
        « Suggérer » et un terme romantique que j’affectionne et que je laisse à l’appréciation.
        Peut-être que nous sommes seulement victime de nous-même ?

        • Olavia dit :

          hum…. les préjugés et les conséquences de ces préjugés parlent d’eux-mêmes. Effectivement, ce n’est pas officiellement obligé, mais les modèles qu’on nous montre deviennent la norme et ceux qui ne suivent pas la norme en souffrent socialement. Des études en psychologie sociale ont montré que c’était terrible pour chacun de nous d’aller contre la norme. Intenable même en termes d’angoisse. L’homme est un être social avant tout. En mettant en avant des modèles impossibles à obtenir, on fait beaucoup de mal.
          Certes, nous sommes responsable de nos choix mais narcissiquement, nous sommes super fragiles.

          • richard dit :

            Je suis entièrement d’accord avec vous mais à qui la faute ?
            Aux psychologues (chercheurs) qui mettent au point de redoutables méthodes et refusent de vulgariser et publier dans la presse leurs travaux (personne ne commémore la disparition de Skinner alors que c’est l’un des plus grands génie du 20eme siècle). Aux Grands groupes et centaines Institutions gouvernementale qui récupèrent les résultats de ces travaux pour les appliquer à grandes échelles, cela depuis notre plus tendre enfance. Aux individus… moi inclus ?
            Tous mes voisins ont de très jolies voitures et je m’attends à ce qu’on me dise un jour : Monsieur, pourriez-vous garer votre poubelle de Mégane un peu plus loin… Ca serait vraiment très sympa… à vous.

          • Olavia dit :

            Refusent de publier ?
            euh.. non, je ne pense pas qu’ils refusent.
            En fait, je ne sais pas comment nous pourrions apporter une autre réponse. D’abord parce que je pense que les leaders de l’exemple sont stupides.. 🙂 Ceci dit, peu à peu les choses semblent évoluer. Les minorités laissent des traces et peu à peu cela change. En tous cas, il faut le dire, le dire et le redire.
            Quant à la mégane.. que dire.. j’ai vu une 4L hier. J’ai adoré !

            Et puis pour Skinner, les américains le commémorent sûrement 🙂

  4. richard dit :

    Tu ne discutes pas pour échanger des idées mais pour avoir raison… Le dernier mot…
    C’est peut-être l’une des grandes maladies du siècle…
    Tu pourrais peut-être écrire un article à ce sujet ?

  5. richard dit :

    C’est pas grave, j’ai l’habitude…
    Bien à toi et à la réussite de ton blog

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