Les pilules anti-obésité : encore une nouvelle !

Malgré les drames qu’on connaît désormais autour de quelques pilules anti-obésité, les laboratoires ne désarment pas. Evidemment, c’est un secteur hautement porteur financièrement alors pas question d’y renoncer, même si on met la vie des gens en danger : après tout, ils n’ont qu’à pas en consommer, non ?

Pourquoi l’agence de santé accepte-t-elle de tels produits sur le marché ?

Le nouvelle pilule, ou le nouveau anorexigène (affolant comme mot, non ?) qui a été proposé à la vente aux USA a été accepté par l’agence américaine des médicaments. Mais pourquoi, pourquoi accepte-elle de tels produits sur le marché ? Non seulement, c’est dangereux pour la santé, ensuite, cela n’aide pas à une prise en charge responsable de son problème de poids. Parce que ce qui marche sur le long terme, c’est l’effort, le travail que l’on met en route pour reprendre le contrôle, non pas exclusivement de son poids, mais surtout de sa vie. Avec une pilule, pfuit… on n’a plus aucune question à se poser et on s’empoisonne la conscience tranquille.

Quel intérêt peut trouver la FDA à accepter la mise en vente de ce produit ? « Selon les Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC), plus d’un tiers des adultes sont obèses aux États-Unis. «L’obésité menace le bien-être des patients et constitue une inquiétude majeure de santé publique», a déclaré le Dr Janet Woodcock, directrice du Centre d’évaluation des médicaments à la FDA. » D’où l’envie de croire au produit miracle ?

L’obésité n’est pas une épidémie mais un mal-être

Comment se fait-il que dans cette prise en charge de l’obésité, on passe à côté de ce qui me semble être l’essentiel ? L’obésité n’est pas une maladie, encore moins une épidémie mais un mal-être profond de nos sociétés dans lesquelles on ne se sent plus utile et aimé. On se transforme de plus en plus vite en objet de consommation uniquement. Acheter, manger, profiter. Il n’y a plus aucune envie de se donner du mal pour se sentir fier ou pour être reconnu pour les autres. Et surtout, il ne faut prendre aucun risque. Il faut suivre les voies officielles sinon on sera exclu de la société. Alors que tout bonheur, toute création de soi se fait dans la prise de risques, calculés certes, mais quand même risqués. Or, l’angoisse de chaque membre de notre société est telle que prendre un risque est au-dessus de leur force. Alors, on s’éteint. On suit le troupeau. On s’ennuie, on s’écrase, on fait tout ce qu’on peut pour gommer nos différences. Grave erreur ! C’est exactement le contraire qu’il faut faire pour aller bien. Il faut prendre le risque d’être soi et de prendre des chemins personnels, même s’il y a risque d’échec. Comment apprendre sans échec ? Comment évoluer, comment savourer s’il n’y a pas d’abord de l’échec ?

Je suis très loin du discours que nous servent nos sociétés, je sais. Ces dernières nous engagent à ne prendre aucun risque. La sécurité avant tout. Et la base même de la sécurité, c’est l’argent. C’est le seul but qu’on nous invite à poursuivre ! Hallucinant ! Quel manque d’ambition pour l’humanité ! Résultats : nos sociétés ne nous donnent pas assez de challenges, pas assez de buts diversifiés. Elles ne donnent plus de choix. Encore moins, celui de se découvrir soi. Non, dès le départ, on est pris en charge sur le modèle de l’obligation d’une réussite financière et esthétique aussi pour atteindre le bonheur point barre !

Alors comment aller bien dans un tel contexte ? Nous ne serons pas tous des réussites financières. Nous ne sommes pas tous et toutes des beautés officielles.. pour autant, nous sommes quelqu’un. Quelqu’un qui a des choses personnelles à donner à ce monde. Mais qui le sait ou le pense encore ?

 

Publié dans Conseils et psychologie : manger mieux simplement
12 commentaires sur “Les pilules anti-obésité : encore une nouvelle !
  1. FlorianL dit :

    Bienvenue dans le monde actuel…
    C’Est aussi pour cela que celui qui ne suit pas le troupeau se retrouve tout de suite au-dessus de 90% de la population 🙂

    Quant à la pilule…. l’industrie de la perte de poids doit être un eldorado en or aux USA…
    D’ailleurs, jme rappelle avoir vu une émission sur les « boot camp » pour ado obèse. Bon, je préfère de loin la culture Nord-Américaine au pessimiste ambiant Français, mais ils sont trop tournés sur l’appât du gain malheureusement…
    Dernier article de FlorianL : Comment réussir son régime ?

  2. Sam dit :

    Malheureusement, soigner les symptômes de notre façon absurde de vivre au lien de chercher à imaginer un nouveau mode d’existence plus favorable au bien être est une habitude très courante en occident, et très bénéfique aux industries pharmaceutiques d’ailleurs.

    Le cas de ces stupides pilules contre l’obésité n’est q’un cas parmi des centaines d’autres où l’on prend cause et conséquence à l’envers presque volontairement pour surtout ne pas envisager de changer complètement les choses pour un mieux.

    Tellement triste :/

  3. Gina dit :

    Bonjour Olavia,

    Malheureusement c’est toujours la même histoire, des gens qui profitent de la faiblesse des autres. Cela a toujours été et continuera d’être, s’il n’y a pas une prise de conscience massive et collective.
    La vie serait si si simple si tout le monde pouvait faire attention à ce qu’il consomme. Mais la société occidentale a pris de mauvaises habitudes alimentaires et s’éternise là dedans. Pour cela je crois qu’on n’y peut rien.
    Gina
    Dernier article de Gina : Le café

  4. Caroline dit :

    Ce qu’en pense une obèse…

    Eh bien moi je pense que les recherches en médicaments contre l’obésité ne sont pas une mauvaise chose… l’idéal serait que les chercheurs trouvent réellement quelque chose qui fonctionne sans effets secondaires.

    Un obèse n’a pas seulement une dizaine de kilos à perdre.

    Ce n’est pas en le culpabilisant, en lui rabâchant de faire « régime », de « manger 5 fruits et légumes par jours », de faire du sport (marcher 5 minutes peut représenter un effort intense pour un obèse morbide) que c’est « super bien de cuisiner », de lui parler de « saveurs de bon petits plats » (tout le monde sait qu’effectivement qu’est-ce qu’on se régale avec les régimes hypocaloriques, wahou ! Et puis surtout on a pas faim du tout…) que ça changera quelque chose, quand le surpoids atteint 50 ou 60 kg de trop (ou plus), une perte de 2 kg par mois (quand encore on arrive à les perdre) c’est que dalle, démotivant…

    Je suis obèse depuis 22 ans. 22 ans de régime… hypocalorique, hyperprotéiné, wetwet, etc… j’ai doublé la mise à chaque fois.(et gagné 4 dépressions sévères)

    L’idéal pour moi aurait été une pillule qui remplace les repas, pas de calculs de calories à faire, savoir si oui ou non on peut rajouter 10gr de ceci ou pas, ou si on va dépasser son taf de calories, plus de gestion d’envies, plus de culpabilité, plus de stress. (et atout non négligeable, plus de repas à préparer !)

    Pour moi l’obésité est une maladie et un handicap (familial, social, corporel, moral, professionnel) et en tant que tel, il est logique que la science cherche (et trouve) des moyens de remédier à ce handicap.

    La surcharge pondérale en France, n’est pas prise en charge sérieusement.

    Des médecins généralistes qui se permettent de dire de manger 3 feuilles de salade avec une biscotte et un grand verre d’eau en guise de régime, y’en a encore (j’y ai eu droit), les fameux : « y’a pas d’obèses au sahel », les propos diffamants (vous avez qu’à arrêter de bouffer, ça vous évitera de ressembler à une grosse vache), les régimes draconiens donnés sans même une recherche sur le passé du patient, sans analyses, ou la feuille photocopiée « crudité-protéine-légumes verts) tendue en « réponse » à une demande régime…

    Donc oui, la recherche, la mise en vente et l’achat des « pilules minceur » à de beaux jours devant elle… parce que mis à part les opérations genre sleeve, by-pass ou anneau gastrique, y’a pas réellement de solution pour les obèses.

    • Olavia dit :

      Merci pour ce commentaire et en réponse, je soulignerai le fait que ce « problème » n’est que la partie émergée d’un mal être profond. Certes perdre que 2 kilos par mois c’est peut-être décourageant mais c’est aussi une avancée vers un mieux être. Au fil des kilos perdus et des mois passés, le changement intérieur opère en même temps et la fierté s’élève. Non, cela ne disparaît pas d’un coup, pas plus que ce n’est venu d’un coup. C’est un processus et un moyen d’aller mieux pas seulement physiquement. Avec une pilule ou une opération (je l’ai vu) le problème reste et les kilos reviennent aussi. Alors que lorsque le processus est lancé, lentement, dans une prise en compte plus global et bien le poids ne revient pas. L’être n’est plus le même. Il est devenu fort et fier de lui-même.

  5. S-Elyvane dit :

    Pour rejoindre les propos de Caroline:
    En consultation, j’ai souvent entendu dire « aaah… s’il y avait une pilule miracle pour perdre tout ce poids… » Certaines personnes sont dans un tel désarrois, c’est compréhensible.

    Bref rappel : les pilules qui existent, même si efficaces, n’ont rien de miraculeux. Et de 2, celles qui existent, sont pour la majorité dérivées des amphétamines…avec des conséquences dramatiques! (cf.médiator utilisé pour l’amaigrissement). Avec ça, c’est pas la peine de nous dire de manger bio à côté.

    Pour conclure, toujours en consultation, c’est une véritable victoire quand les patientes (car majorité des femmes), après avoir travailler sur les rythmes, les quantités, arrivent coquettes, bien habillées et maquillées (pas le cas avant) disent « je me sens mieux! » au point que perdre du poids est secondaire ! (d’ailleurs souvent après cette phrase je ne les revois plus).

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